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Archive for the ‘Société’ Category

L’incompréhension

Je ne sais pas s’il faut se réjouir ou plutôt regretter que la plupart des québécois ne lisent pas la presse anglophone, tout au moins celle des autres provinces. Je suis tombé par hasard ce matin sur cet éditorial, publié dans le Winnipeg Sun que je feuilletais machinalement en buvant mon café.

http://www.winnipegsun.com/2012/08/15/pqs-conspicuous-signs-of-intolerance

Ce n’est qu’une opinion, me direz vous, cependant, je crois qu’elle est très répandue au Canada anglais.

Il y a une grand diversité d’opinion au Québec et c’est tant mieux. Cependant, je crois profondément que 90%+ des québécois seraient d’accord sur ces quelques valeurs:

– Égalité de droit des hommes et des femmes
– Volonté de préserver notre culture et notre langue (même si des divergences existent sur les moyens à utiliser)
– Laïcité de l’état

Et bien, deux de ces valeurs sont vivement contestée par l’auteur de ce texte et assimilées à du racisme et de l’intolérance!

Qui pourraient taxer de racisme MM. Bouchard et Taylor? Ces deux citoyens irréprochables et très modérés (trop diront certains) avaient pourtant fait la même recommandation: Tous les serviteurs de l’état, dans l’exercice de leurs fonctions, ne devraient pas afficher de signes religieux ostentatoires.

L’auteur va même jusqu’à mettre Pauline Marois et Marine Le Pen dans le même sac!

Ce n’est pourtant pas Marine Le Pen qui a fait voter en France une loi qui interdit le port du voile intégral en public. C’est le gouvernement “bien comme il faut”, de Nicolas Sarkosy.

L’auteur dit que Pauline Marois est “pire que René Lévesque”. J’espère qu’elle aura l’élégance de prendre cela pour un compliment.

Loin de moi le désir de vouloir attiser l’animosité entre les deux peuples fondateurs (et oui, deux peuples, pas dix ou douze, je ne parle pas des autochtones, bien sûr, les seuls vrais canadiens “de souche”), je veux seulement montrer que les points de vue sont irréconciliables. On veut nous faire rentrer le multi-culturalisme dans la gorge, parce que c’est le moyen de faire du Québec une “province comme les autres”.

Un conseil, ne lisez pas les autres éditoriaux de ce même “journal”, il y en a de bien pires que cela.

Ou plutôt si, lisez les, et allez voter le 4 septembre.

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L’adjectif “libéral” est un des nombreux termes qui a, surtout au Canada, et suivant le contexte, des connotations très différentes et parfois contradictoires.

Premièrement, le mot “libéral” a la même racine que “liberté”, ce qui est plutôt positif à première vue.

Ainsi, dans un premier sens, “libéral” s’oppose à “conservateur”. L’un est supposé est plus permissif, plus “libertaire” et l’autre plus “frileux”, gelé dans un statut-quo perpétuel.

Cependant “libéral” et surtout “néo-libéral” charrie une toute autre symbolique.

Ici, “libéral” veut plutôt dire partisan de la non intervention de l’état dans la vie publique et de la non-réglementation des activités économiques.

La “libéralité” qu’on revendique ici est celles des entreprises, des forces du marché. On est contre toute forme de réglementation, de répartition des richesses. “Laissez faire les acteurs économiques”. C’est le mot d’ordre.

Autrement dit “Des renards libres dans un poulailler libre!”

On a vu le résultat avec la crise de 2008, qui démontre où on s’en va avec le laisser-faire dans le domaine financier en particulier.

On peut aussi dire que ce mode de pensée privilégie la liberté individuelle et nie souvent l’existence de libertés collectives.

Par exemple, on entendra souvent dire «pourquoi ne suis pas “libre” d’envoyer mon enfant à l’école anglaise?», ne voyant pas que l’exercice de cette “liberté” brimerait à long terme le droit collectif d’une société de vivre et de prospérer en préservant sa culture et sa langue.

La question se résume à ceci: “Des acteurs économiques agissant sans contraintes réglementaires vont-ils, tout naturellement, faire converger la société vers la maximisation du bien commun?”
Personnellement, je ne le pense pas.

Il y a eu une période de “croissance” pouvant donner l’impression que l’enrichissement effréné de certains entraînait l’enrichissement global de la société (sauf les laisser pour compte).

Ça a été la belle époque du capitalisme. C’est, je crois, une époque révolue. On voit bien que cela a conduit à la destruction de notre environnement et à des inégalités de plus en plus grandes.

Les inégalités les plus criantes passent d’ailleurs presque inaperçues aux yeux de la plupart d’entre nous puisque ce sont les inégalités entre les pays.

Quand on voyage en Afrique ou en Asie, on est frappé par la pauvreté abjecte d’un grand nombre de personnes.

Libre à vous de vous consoler en pensant, plus ou moins consciemment, que tout est bien dans le meilleur des mondes et qu’on est plus riches parce qu’on travaille fort et qu’on le mérite bien.

Laissez moi vous dire que les ouvriers au Sri Lanka qui fabriquent nos jeans pour 10$ (pas le salaire, le prix de vente au grossiste américain) , que nous achetons ensuite pour 200$,
travaillent très fort eux aussi !

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